SÉMINAIRE
DU
MARDI
18
FEVRIER
2003
"L'athéisme
tranquille"

PREAMBULE
Se
remémorer
:
- Pindare/
Epicure
:
physiologie
de
la
philosophie
- Mauvaise
réputation
usurpée
:
contre
le
pourceau,
le
serpent
d'Asclépios
- Le
Quadruple
remède
:
- Rien
à
craindre
des
dieux
- Rien
à
craindre
de
la
mort
- La
souffrance
se
supporte
- Le
bonheur
est
réalisable
Aujourd'hui
:
- Les
deux
premiers
temps
de
ce
Tetrapharmakon
- La
possibilité
d'un
"athéisme
tranquille".
- Explication
de
l'expression
:
(chez
Deleuze,
sur
Châtelet
dans
Périclès
et
Verdi).
PREMIÈRE
THÈSE
:
IL
N'Y
A
QUE
DE
LA
MATIÈRE
1/.
UNE
PHYSIQUE
ATOMISTE
ET
SENSUALISTE
:
- Fidélité
au
matérialisme
abdéritain
:
- une
physique
aux
effets
éthiques.
- atomes
en
mouvements
dans
le
vide
- théorie
des
simulacres
:
atomes
détachés
et
corps
sensuel
qui
perçoit
- le
réel
=
ce
que
l'on
voit,
sent,
touche,
etc...
- contre
Platon
:
les
sensations,
critères
du
vrai
2/.
UNE
PHYSIQUE
ANTI-PLATONICIENNE
:
- contre
les
explications
mythologiques
de
Platon
:
- proches
de
la
poétique
présocratique
- Prométhée/Epiméthée
dans
le
Protagoras
- Androgyne
- Aristophane
dans
Le
banquet
- L'attelage
ailé
dans
le
Phèdre
- L'allégorie
de
la
Caverne
dans
la
République
- L'Atlantide
dans
le
Timée
- Les
Enfers
dans
le
Phédon
- Mais
aussi
:
Gygès,
les
Cigales,
Er,
Theuth...
- autant
d'explications
anti-scientifiques...
- Epicure
invite
à
supprimer
les
mythes.
(pensée
d'actualité)
3/.
UNE
PHYSIQUE
DE
L'IMMANENCE
:
- Epicure
:
des
hypothèses
déductibles
d'enchaînements
logiques
- Sur
les
phénomènes
naturels
(arc-en-ciel,
foudre,
pluie,
étoiles
filantes,
etc...)
:
- Lettre
à
Hérodote
sur
la
nature,
Lettre
à
Pythoclès
sur
les
météores.
- pas
de
fables,
de
fictions
:
de
l'immanence.
- Que
dit
la
physique
d'Epicure
:
- 1/.
Le
tout
est
infini
- 2/.
les
composés
sont
en
nombre
infinis
- 3/.
les
mondes
sont
infinis
(cf.
le
javelot
de
Lucrèce)
- 4/.
le
mouvement
est
éternel
- 5/.
il
n'y
a
pas
de
commencement
- 6/.
les
simulacres
existent
- 7/.
leur
invisibilité
est
en
rapport
avec
la
vitesse
des
atomes
- 8/.
l'âme
est
composée
de
matière,
elle
est
mortelle
- 9/.
l'âme
est
dans
le
corps
tel
un
souffle
composé
de
matière
fine
- 10/.
l'âme
est
le
siège
de
la
sensibilité
- 11/.
âme
et
corps
sont
intimement
liés
- 12/.
continuum
matériel
et
discontinuité
des
agencements
- 13/.
la
mort
c'est
la
déliaison
de
l'âme
et
du
corps
4/.
UNE
PHYSIQUE
CONTRE
LA
MÉTAPHYSIQUE
:
A/.
- Contre
la
métaphysique
platonicienne,
pré-chrétienne
(dualisme,
âme
immortelle,
etc...)
- Qui
permet,
par
la
crainte
des
châtiments
de
gouverner
plus
facilement
les
hommes
(clergé
+
politiques)
B/.
- Epicure
veut
des
hommes
autonomes,
libérés
des
superstitions
- Affranchis
(cf.
étymologie
de
libertin...)
de
la
crainte
des
dieux
- il
s'agit
de
prouver
que
:
la
mort
n'est
pas
à
craindre
DEUXIÈME
THÈSE
:
LA
MORT
N'EST
PAS
À
CRAINDRE
A/.
En
finir
avec
l'hypothèse
pythagorico-platonicienne
de
la
métempsycose
et
de
la
métensomatose
- elle
fait
craindre
les
châtiments
dans
une
autre
vie
- et
permet
de
conduire
les
hommes
dans
cette
vie
- ce
qu'a
récupéré
le
christianisme...
B/.
Les
modèles
d'éthique
sont
:
- religieux
(des
présocratiques
au
XVII°)
- scientifiques
(de
Spinoza
à
Marx)
- Epicure
propose
le
modèle
scientifique
en
éthique
dès
la
période
religieuse.
- a)
-
Dissocier
morale
et
religion
- b)
-
Associer
morale
et
philosophie
C/.
Apprivoiser
la
mort
:
1/.-
Après
la
mort
?
- Décomposition
de
la
matière
- Pas
d'expiation,
de
survie
après
la
vie
- la
physique
épicurienne
condamne
toute
métaphysique
2/.
Démonstrations
:
- Douleur
/
souffrance,
bien
/
mal
sont
dans
les
sensations
- la
mort
est
privation
de
sensations
- elle
n'est
donc
pas
pour
nous
:
- elle
est
là
?
nous
n'y
sommes
plus
- je
suis
là
?
elle
n'y
est
pas
encore
- elle
ne
concerne
:
- ni
les
vivants,
pour
lesquels
elle
n'est
pas,
- ni
les
morts,
pour
lesquels
elle
n'est
plus.
- Dès
lors
pourquoi
s'inquiéter
?
- Pourquoi
souffrir
pour
quelque
chose
qui
n'est
pas
là
?
- Pourquoi
aller
au
devant
d'un
éternel
absent
?
- Seule
la
pensée
de
la
mort
peut
causer
une
souffrance
- Avoir
à
mourir
est
pire
que
mourir
- Mais
pas
la
mort
elle
même
- Or
on
peut
avoir
du
pouvoir
sur
la
pensée
de
la
mort
en
soi.
- Ne
pas
vivre
n'est
pas
un
mal
- La
non-vie
n'est
pas
un
mal
- Mal
vivre
est
un
mal
- Bien
vivre
est
un
bien.
- D'où
une
éthique
du
présent
- (Réactivation
des
thèses
cyrénaïques)
- ne
pas
parasiter
le
présent
par
du
futur
- ne
pas
gâcher
sa
vie
présente
par
l'idée
de
la
mort
à
venir
- Eviter
la
pulsion
de
mort,
célébrer
la
pulsion
de
vie
- A
ceux
qui
affirment
l'inconvénient
d'être
né
?
- le
suicide
est
toujours
possible...
TROISIÈME
THÈSE
:
LES
DIEUX
NE
SONT
PAS
A
CRAINDRE
A/.
- Puisqu'il
n'y
a
que
de
la
matière
(thèse
1)
:
mort
de
l'idéalisme.
- Que
la
mort
n'est
pas
à
craindre
(thèse
2)
:
mort
du
pessimisme.
- Les
dieux
non
plus
ne
sont
pas
à
craindre
(thèse
3)
:
mort
de
la
religion.
- Car
ils
sont
matériels...
B/.
Précautions
d'emploi
sur
les
termes
:
(classés
dans
le
sens
de
l'histoire)
- Animisme
- Panthéisme
- Polythéisme
- Monothéisme
- Théisme
- Déisme
- Athéisme
- L'épicurisme
?
animiste
?
polythéiste
?
etc..
- Échappe
aux
catégories
classiques
- Relève
d'un
genre
d'"athéisme
tranquille"...
- L'athéisme
intranquille
(Sade
:
Bataille)
C/.
Les
dieux
indolents
d'Epicure
:
des
saints
pour
les
athées...
- Lettre
à
Ménécée
:
les
dieux
existent
- Les
preuves
?
- la
conscience
que
les
hommes
en
ont
- (cf.
les
idées
innées
de
Descartes).
- Leurs
qualités
?
- vivants
incorruptibles
- exempts
de
douleur
- sans
passions
- bienheureux
- insoucieux
du
destin
des
hommes
- impassibles
- constitués
d'atomes
subtils
- installés
dans
les
inter-mondes
- Leur
utilité
?
- Idées
de
la
raison
dans
le
genre
kantien
- modèle
de
réflexion
et
d'action
pour
le
philosophe
- pense-bête
si
la
sagesse
nous
tente
- (cf.
le
rôle
de
l'imitation
:
Epicure
/
disciples,
Epicure
/
dieux)
- Leur
dangerosité
?
- A/.
-
Aucune
à
cause
du
plan
d'immanence
- le
problème
?
moins
athéisme
/
théisme
- que
lecture
immanente
(Epicure),
lecture
transcendante
(Platon)
du
monde
- B/.
En
revanche
:
dangerosité
de
l'impiété
- définie
par
la
croyance
qu'on
peut
intercéder
auprès
des
dieux
pour
infléchir
leur
vouloir
- (souvenirs
d'enfance
d'Epicure)
- car
les
divinités
ne
disposent
pas
du
destin
des
hommes
- seul
importe
le
vouloir
des
hommes
- et
la
mobilisation
de
leur
énergie
- Leurs
avantages
?
- impossible
d'inférer
une
religion...
- ruine
les
croyances
grecques
du
moment
:
- crainte
des
forces
transcendantes
- clergé
omnipotent
- politiciens
complices
pour
assurer
l'ordre
- mais
aussi
de
toute
religion
possible
quelle
que
soit
l'époque
!
- Conclusions
?
- L'épicurisme
place
l'individu
au
centre
:
- de
soi,
- de
l'intersubjectivité,
- du
monde
(d'un
point
de
vue
intellectuel)
:
- idée
d'une
modernité
redoutable...
- perspective
à
venir
:
une
construction
de
soi
est
enfin
possible...
- la
philosophie
en
lieu
et
place
de
la
religion...
(actualité
encore...)