Séminaire du mardi 4 novembre 2003
"L'invention de Jésus"
1/. BILAN DE L'AN DERNIER :
- Il existe une pensée pré-chrétienne alternative au modèle dominant : l'idéalisme platonicien.
- sophistes, cyniques, cyrénaïques, abdéritains
- cristallisés dans l'épicurisme
2/. PERSPECTIVES DE CETTE ANNÉE :
- Montrer l'existence d'une pensée qui résiste au deuxième temps de l'idéalisme : l'idéalisme chrétien.
- Le christianisme alternatif des Gnostiques
- Des Frères et Soeurs du Libre Esprit
- L'épicurisme chrétien : Lorenzo Valla, Erasme, Montaigne.
3/. NAISSANCE DU CHRISTIANISME :
1/. DE L'EXISTENCE DE JÉSUS :
- Jésus existe comme un personnage conceptuel, pas un personnage historique.
a ). Pas de preuves historiques :
- aucun document contemporain
- aucune preuve archéologique
- pas de suaire (XIII° siècle...)
- pas de tombeau (inventé par Ste Hélène en 325 - qui découvre aussi le titulus !)
b). Pas de références dans les textes :
- Sinon des ajouts sur des copies tardives :
- Dans Flavius Josèphe, Antiquités.
- Dans Suètone, Vie des douze Césars
- Dans Tacite, Annales
c). Une existence conceptuelle avérée :
- Le Feu d'Héraclite
- Les Idées de Platon
- L'Amitié d'Empédocle...
2/. LA CRÉATION DE JÉSUS :
Préalable historique :
A/. Catastrophes humaines :
- sacs à répétition
- vandalisme
- autodafés
B/. Catastrophes naturelles :
- tremblements de terre
- fragilité des supports
C/. Révolution des supports :
- du papyrus au parchemin
D/. Mentalité de l'époque :
- copistes zélés qui choisissent, écartent
- prennent des libertés, ajoutent...
- conception du vrai : droit d'auteurs, respect de l'intégrité...
E/. Le climat millénariste :
- Des milliers de prophètes, fous, illuminés annoncent l'apocalypse au I° siècle de notre ère.
- Dont les philosophes gnostiques
- Époque de crainte, d'angoisse, de tremblement.
- Quantité considérable de prophètes venus de la région dite de Jésus prétendent ouvrir les fleuves pour laisser passer leur peuple
- Veulent se défaire des Romains et installer un royaume terrestre-céleste.
- La plupart du temps, on les extermine
- Mettre à mal le pouvoir militaire de Rome avec des mots, des incantations
- Ces actions s'appuient sur des prophéties de l'Ancien Testament.
F/. Jésus nomme et cristallise cette hystérie :
- Il nomme le refus juif de la domination romaine
- Étymologiquement : - Jésus = Dieu sauve, a sauvé, sauvera.
- L'Histoire est écrite, il la réalise.
G/. Jésus catalyse le merveilleux :
- Aborder les textes sacrés comme les textes païens
- Tous les topoï antiques pour dire le merveilleux se retrouvent dans les textes testamentaires.
- Jésus obéit aux mêmes lois de lecture que l'Ulysse d'Homère, l'Apollonios de Tyane de Philostrate, l'Encolpe de Pétrone : un héros de péplum.
H/. Qui est l'auteur de Jésus ?
- Marc, premier auteur, vers 70.
- N'a pas connu Jésus - le dirait...
- Probable accompagnateur de Paul
- Cherche avant tout à convertir les populations avec une histoire digne de retenir l'attention
- Texte de propagande.
I/. Lecture comparée :
- Diogène Laërce et les Évangiles :
- Diogène veut lui aussi présenter les philosophes sous le registre du désirable pour générer des conversions à la sagesse.
- Impossible que ces gens naissent, vivent, meurent comme le commun des mortels.
- Conception dans la virginité ? Marie / la mère de Platon, vieille mais vierge...
- Annonce faite à Marie ? Apollon pour Platon
- Marie apprend son destin par un songe ? Socrate rêve d'un signe, rencontre Platon le lendemain.
- Fils de Dieu ? Pythagore, Apollon venu d'Hyperborée
- Faiseur de miracles ? Empédocle ressuscite un mort.
- Annonce des prédictions : Anaxagore des chutes de météores.
- Parle en inspiré de Dieu ? Socrate et son daimon.
- Convertit par la parole habile : tous les philosophes
- Pierre disciple préféré ? Métrodore celui d'Epicure
- Parle métaphoriquement, mange du symbole, se comporte en énigme ? Pythagore idem...
- N'écrit pas ? Bouddha, Socrate non plus
- Meurt pour ses idées ? Socrate aussi.
- Gethsémani, nuit déterminante ? Potidée pour Socrate.
- Corps exceptionnel de Jésus (ne mange ni ne boit, ne dort ni n'excrète) ? Socrate insensible au sommeil, à l'alcool, à la fatigue (cf. Apologie de Socrate). Idem Pythagore.
- Croit à une vie après la mort ? Une âme immatérielle, immortelle ? Platon aussi (cf. Phédon)
- Ressuscité le 3° jour ? Pythagore 207 ans après...
J/. Construire hors l'histoire :
- Le merveilleux ignore l'histoire
- On ne lutte pas rationnellement contre des pluies de crapauds, des résurrection, guérisons, etc...
- Pour aborder rationnellement : penser le symbole.
- Allégories, figures de style, métaphores.
- Ce qu'il faut prouver : Jésus est un personnage extraordinaire par la relation qu'il entretient avec un monde plus grand que lui.
- Le genre des Évangiles est performatif (cf. Austin)
- L'énonciation crée la vérité.
- Le Nouveau Testament se moque de la vérité, du vraisemblable
- Il vise la conversion par des moyens de séduction littéraire
- Les évangélistes ne trompent pas sciemment : ils y croient. - ils disent vrai ce qu'ils croient, puis croient vrai ce qu'ils disent.
- Aucun n'a rencontré physiquement Jésus
- Ils le fictionnent de bonne foi...
- Plus ils racontent cette fable, plus elle devient vraie
- Créer une vérité en ressassant des mensonges
- (A quoi vont s'ajouter Constantin et l'Empire...)
3/. LA FORGERIE CHRÉTIENNE :
a) - Tissu de contradictions :
- Des milliers de plumes sur plusieurs siècles
- Copies, ajouts, travestissements
- Corpus considérable de textes contradictoires
- Construction d'un corpus par l'Eglise, les Conciles au IV°
- synoptiques et apocryphes, écrits inter testamentaires
b) - Écarter quoi ?
- Jésus végétarien
- ressuscite un coq cuit dans un banquet
- étrangle des oiseaux
- crée des figures de terre
- dirige les ruisseaux avec la voix
- guérit les morsures de serpent
- rit aux éclats...
c). Un capharnaüm de contradictions :
Sur les seuls 4 synoptiques :
1/. Le Titulus :
a) - L'endroit :
- Jean : sur le bois de la croix, au dessus de la tête
- Luc : autour du cou
- Marc : imprécis
b) - Le texte :
- Quatre versions, autant que d'évangélistes
2/. Le portement :
- Jean : seul
- Les 3 autres : Simon de Cyrène
3/. Post-mortem :
- Apparaît à 1 seule personne, à quelques uns
- Dans des lieux différents
- Etc...
d). Un capharnaüm d'invraisemblances :
1/. Nazareth ?
- Un village qui n'existe qu'au II° ap.
- Nulle mention dans Flavius, Bible Hébraïque, littérature Talmudique.
2/. Le cas Ponce-Pilate :
- a). L'échange du tac au tac dit Jean : Pilate parle latin, Jésus Araméen...
- b). Pilate procurateur ? Le titre apparaît après 50... Il est préfet de Judée
- c). Pilate doux, affable, bienveillant avec Jésus ? Il est cruel, cynique, féroce, goût pour la répression.
- Mais il faut plaire aux romains...
3/. La crucifixion :
- Réservée à ceux qui mettent l'Empire en péril
- Pas le cas de Jésus : on lui reproche de se dire Roi des Juifs
- Dans pareil cas, pas de crucifixion, mais une lapidation.
- Admettons la croix : pas plus de deux mètres de haut, corps abandonné aux chiens, fosse commune, pas de tombeau...
4/. Le tombeau :
- Joseph d'Arimathie obtient de Pilate le corps de Jésus
- Pas de toilette mortuaire ? Impossible pour un juif...
- 30 Kg. d'aromates (myrrhe, aloès) et bandelettes pour Jean. Rien pour les autres...
- Or d'Arimathie = après la mort
- Sur le principe performatif, il nomme celui qui arrive après la mort
5/. Et encore :
- Pourquoi les disciples sont absents le jour de la crucifixion ?
- Pourquoi reprennent-ils leur travail, aucun ne devenant missionnaire ?
CONCLUSIONS :
A SUIVRE :
Bibliographie :
La tradition ultra-rationaliste :
Les textes :
La critiques exégétique :
La critique moderne :
Le performatif :