SÉMINAIRE
DU
MARDI 7
JANVIER
2003
"LA
JOUISSANCE
CYNIQUE"

RAPPEL
:
- Le
plaisir
matérialiste
des
abdéritains
(Démocrite
et
Leucippe)
- Le
plaisir
du
Logos
(Antiphon)
- Le
plaisir
mesuré
des
Cyrénaïques
(Aristippe)
- Aujourd'hui
:
Le
plaisir
du
désir
résolu
(Diogène)
:
la
question
de
la
jouissance
cynique.
A/.
L'oubli
des
cyniques,
mêmes
reproches
qu'aux
Cyrénaïques
B/.
Origine
du mot
: le
chien,
le
cynosarge,
la
position
par
rapport
aux
autres
Écoles.
1/.
UN
ANTIPLATONISME
DE
COMBAT
:
A/.
Points
communs
nombreux
avec
les
cyrénaïques
:
- antiplatonisme
:
Diogène
:
à
quoi
peut
bien
servir
un
philosophe
qui
a
gêné
aussi
peu
dans
sa
carrière
?
- forme
théâtrale,
subversive,
joyeuse,
ludique
- anecdotes
en
commun
B/.
l'arbitraire
des
classifications
en
école
:
- sont
de
la
même
époque
-fréquentent
les
mêmes
lieux
- les
mêmes
personnes
(mêmes
cours,
mêmes
femmes).
C/.
Antisthène
(le
"Vrai
Chien")
:
antiplatonisme
du
fondateur
:
- Digression
sur
la
théorie
platonicienne
des
Idées
- Le
sensible
participe
de
l'intelligible
- Théorie
des
deux
mondes,
dualisme,
idéalisme.
- Voit
bien
des
chevaux,
mais
pas
la
caballéité
- Pas
d'idée
du
cheval,
sa
réalité
seulement
- "Le
concept
de
chien
n'aboie
pas".
D/.
Diogène
("Chien
royal")
: suite
de l'antiplatonisme.
- Portrait
:
besace,
bâton,
manteau
troué,
écuelle,
barbe,
saleté,
tonneau
-
et
lanterne.
- Les
anecdotes
célèbres
:
- le
hareng
et
la
ficelle
:
le
disciple
- l'écuelle
jetée
:
le
dépouillement
- les
gants
de
boxe
:
la
pensée
polémique
- sortir
en
reculant
de
la
palestre
:
l'inversion
des
valeurs
- Les
anecdotes
spécifiquement
antiplatoniciennes
a/
La
lanterne,
chercher
un
homme
:
- beaucoup
pour,
et
contre
la
réputation
de
Diogène.
- en
plein
jour,
une
lanterne
à
la
main,
cherche
un
homme
:
- habituellement
:
signe
de
folie
facétieuse
("Socrate
devenu
fou")
- réellement
:
trait
antiplatonicien
:
- car
:
ne
cherche
pas
un
homme
en
particulier
ou
digne
de
ce
nom
- mais
:
cherche
l'homme
platonicien,
l'idée
d'homme.
- ne
trouve
que
des
hommes
réels,
concrets...
b/
Le
poulet
déplumé
:
- Platon
définit
l'homme
comme
"un
bipède
sans
plume"
- Diogène
plume
un
poulet
et
lui
lance
des
les
jambes
- le
contraignant
à
ajouter
"et
aux
ongles
plats"...
- réfute
par
l'anecdote
et
non
par
du
texte
- domination
de
l'archive
textuelle
sur
la
vie
dans
la
tradition
de
l'histoire
de
la
philosophie.
2/.
UNE
THÉORIE
DE LA
PRÉFÉRENCE
NATURELLE
:
- Se
remémorer
chez
les
sophistes
et
chez
Antiphon
:
- le
combat
entre
physis
/
la
nature
et
nomos
/
la
loi
- Même
position
chez
Diogène
qui
opte
pour
la
nature.
- La
masturbation
sur
la
place
publique
:
- Idem
:
beaucoup
pour
la
(mauvaise)
réputation
du
philosophe...
- Imagine-t-on
Platon
se
masturbant
?
- Dans
la
Cité
selon
ses
désirs
(République
et
Lois)
Diogène
mérite
la
prison
ou
la
ciguë...
- Dans
sa
préférence
pour
la
physis,
Diogène
fait
de
l'animal
un
modèle
à
suivre
:
- Le
poisson-masturbateur
:
- Dans
un
port
(Corinthe
?
Athènes
?
Sinope
?)
- Avise
un
poisson
(gode
?
Maquereau
?
Barbue
?
Morue,
?
Raie
?
Mulet
?)
- se
frotte
contre
une
pierre
- puis,
libéré,
continue
ses
activités
philosophiques...
- Quand
Diogène
prend
modèle
sur
le
poisson
:
que
dit-il
?
- A/.
-
envie
l'innocence
et
la
simplicité
de
l'animal
- déplore
la
complication
humaine
:
- Manger
?
les
oliviers.
Boire
?
la
fontaine.
La
sexualité
?
Onanisme
(Lucrèce
s'en
souviendra)
- B/.-
se
moquer
du
regard
des
autres...
(ce
que
font
ses
disciples
Cratès
et
Hipparchia)
- C/.
Le
bonheur
est
dans
l'obéissance
à
la
physis,
pas
au
nomos.
- suivre
les
indications
de
la
nature
- s'installer
dans
une
position
culturelle
de
contre
culture...
- savoir
solitaire
la
voie
de
la
sagesse...
3/.
UN
MATÉRIALISME
ASCÉTIQUE,
DONC
HÉDONISTE.
A/.
Revendication
d'un
chemin
rude :
l'ascèse
(méthode
pour
parvenir
au
vrai)
- ascèse
n'est
pas
ascétisme
- mais
effort,
tension,
travail,
volonté,
exercices
pour
la
maîtrise
de
soi.
- ascèse
et
hédonisme
ne
s'excluent
pas,
mais
s'appellent.
- le
plaisir
ne
provient
pas
de
l'abandon
aux
désirs,
mais
de
leur
domination,
maîtrise
et
conduite.
- l'hédonisme
oblige
à
la
force
et
répugne
à
toutes
les
faiblesses.
B/.
Conjectures
sur le
corps
cynique
:
- pas
de
fragments
concluants
- des
conjectures
seulement.
- une
anecdote
(D.L.VI,
73)
récusée
sans
explication
par
les
universitaires
:
- Diogène
invite
au
cannibalisme.
- Récusée
parce
qu'elle
permet
d'émettre
l'hypothèse
d'un
matérialisme
cynique.
(Pas
de
raison
donnée
sinon
:
"il
est
difficile
d'attribuer
ces
théories
à
Diogène
le
Cynique",
Léonce Paquet
)
- Signification
de
cette
anecdote
:
- tout
est
dans
tout
et
partout
- pain=viande=légumes,
etc...
- tous
les
corps
s'interpénètrent
- grâce
à
-citation-
des
"particules
invisibles"
qui
empruntent
des
passages
tracés
et
ouverts
par
les
pores
-
parenté
avec
les
abdéritains...
- l'ensemble
s'unit
sous
forme
de
vapeur
- Manger
son
prochain,
un
exercice
philosophique
:
- d'autres
peuples
le
font,
pourquoi
pas
un
grec
?
- tout
communique
dans
ce
monde
où
rien
ne
se
perd
ni
ne
se
crée...
- cannibalisme
et
omophagie
:
arguments
pour
le
matérialisme
- persistance
de
l'antiplatonisme
de
combat.
- Extrapolations
sur
le
corps
cynique
:
- Monisme
matérialiste
-
corps
=
âme
-
agir
sur
l'un
c'est
agir
sur
l'autre
Exemples
:
se
rouler
dans
la
neige
pour
apprendre
l'endurance
du
corps,
donc
de
l'âme.
Exemple
des
grenouilles
qui
vivent
dans
l'eau
en
toutes
saisons...
- Agir
sur
ses
vêtements,
sa
boisson,
sa
nourriture,
son
corps
:
une
éthique
de
la
diététique.
- Etre
le
démiurge
de
soi
:
maîtriser
ses
instincts,
passions
et
pulsions.
4/.
UNE
PURIFICATION
DES
PLAISIRS
:
- Les
plaisirs
ne
sont
pas
mauvais
en
soi,
mais
selon
le
rapport
qu'on
entretient
à
eux.
- Anecdote
d'Antisthène
au
bordel
:
il
critique
les
plaisirs
mais
fréquente
les
lieux...
- Même
anecdote
pour
Diogène
qui
enseigne
que
:
- le
soleil
entre
dans
les
latrines,
- mais
reste
lui-même,
- et
ne
perd
pas
de
sa
superbe
pour
autant...
- Seul
le
philosophe
sait
prendre
du
plaisir
sans
être
pris
par
lui.
- Le
vrai
plaisir
:
- joie
incessante
- absence
de
chagrin
- paix
de
l'âme
- sérénité
- esprit
joyeux
- jubilation
en
acte
- Le
faux
plaisir
:
- augmente
la
peine
- creusent
le
désir
- alimentent
l'éternel
retour
du
désir
La
leçon
de
Diogène
:
"vivre
n'est
pas un
mal,
mais
mal
vivre
est un
mal"
- Epicure
s'en
souviendra,
- leçon
toujours
d'actualité...